La finance est encore un monde d’hommes. En France, les femmes représentent plus de la moitié des personnes travaillant dans le secteur de la bancassurance. Cependant, très peu d’entre eux occupent des postes de haute responsabilité et ne sont donc pas très visibles.

Le problème est loin de se limiter à nos frontières. Selon une étude du FMI, seulement 2% des banques mondiales sont dirigées par des femmes. Récemment, le collectif Variant Perspectives a été offensé par le fait que seulement 3% des fonds d’investissement aux États-Unis seront détenus par des femmes en 2019. Dans les pays de l’OCDE, seulement 20% des sièges au conseil d’administration du plus grand public les entreprises commerciales sont détenues par des femmes.

Les femmes sont encore sous-représentées dans le monde financier. Cependant, cette situation bénéficierait du changement et les femmes devraient être légèrement plus représentées. La preuve est dans le pudding!

LES FEMMES GAGNENT ÉGALEMENT DE L’ARGENT ET DOIVENT VALORISER LEUR CAPITAL AINSI QUE LEURS ACTIFS.

Les femmes sont celles qui se trouvent dans les situations les plus précaires, qui souffrent le plus du travail à temps partiel forcé, mais leur situation s’est néanmoins considérablement améliorée au cours des dernières décennies. En effet, ce n’est qu’en 1965 que les femmes ont pu travailler, ouvrir un compte bancaire et signer leurs propres chèques sans le consentement de leur mari, et en 1967 que les femmes ont finalement été autorisées à entrer à la Bourse de Paris et à investir.

La plupart des femmes travaillent maintenant. Selon la dernière étude de l’Insee sur la population active, 67,6% des femmes de 15 à 64 ans travaillent. Il y a plus de femmes qui travaillent que jamais et leurs revenus augmentent. Leur poids dans l’économie et dans la création d’entreprises ne cesse de croître. Le poids et la diversité des femmes célibataires (célibataires, divorcées, veuves) ne peuvent plus être négligés. Les femmes gagnent non seulement de l’argent, mais sont également préoccupées par les questions liées à l’évaluation des actifs, à la préparation à la retraite et à la transmission. Eux aussi peuvent se demander quoi faire d’un héritage, comment transmettre leur capital à leurs enfants, etc.

Alors, bien sûr, elles peuvent utiliser des intermédiaires financiers traditionnels pour découvrir comment faire fructifier leur capital et construire une stratégie de richesse, mais elles peuvent aussi, même si l’offre est encore relativement limitée, confier la gestion de leur argent à d’autres femmes. Aujourd’hui, ce type de service est principalement accessible aux femmes disposant d’actifs relativement importants. Citons par exemple l’initiative de la banque privée Oddo, qui a mis en place la plateforme «The Ladies Bank», dédiée aux femmes, qui se concentre sur le conseil et l’éducation et vise à montrer à chaque femme les différentes opportunités d’investissement qui s’offrent à elle.

Mais ce n’est pas la norme et le dernier rapport «Women in Financial Services», publié par le cabinet Oliver Wyman fin 2019, prévient que les femmes sont non seulement sous-représentées dans les services financiers mais aussi négligées en tant que clientes. En effet, les femmes ne bénéficient pas des mêmes prêts et conditions que les hommes. Il y a encore un long chemin à parcourir!

LES FEMMES TENENT LES SACS À MAIN ET LES FINANCES DES MÉNAGES

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Au sein des ménages, même si les revenus apportés par les hommes sont souvent supérieurs à ceux des femmes: en équivalent temps plein (les femmes gagnent 18,5% de moins que les hommes selon une étude de l’Observatoire des inégalités publiée en 2019, les femmes sont néanmoins souvent les ceux qui détiennent les cordons de la bourse.

Aux États-Unis, 60% des femmes gèrent l’argent du ménage. En France, la situation est similaire. Le 8 mai 2018, le courtier en crédit Meilleurtaux et sa filiale Meilleurebanque ont publié une étude sur les habitudes des couples dans la gestion de leurs finances personnelles, en partenariat avec l’institut de sondage Opinion Way.

63% des hommes et 64% des femmes déclarent gérer les finances du couple.

Et l’étude montre que la proportion de femmes détenant les cordons de la bourse augmente quand on regarde la jeune génération.

Pourquoi les femmes sont-elles si investies dans la gestion de leurs finances personnelles? Dans un entretien avec Christine Lagarde réalisé par La Tribune en octobre 2019, le nouveau président de la BCE explique: «Ce sont eux qui gèrent le plus souvent les finances familiales, l’unité économique de base, car ils sont connus pour leur gestion prudente, rigoureuse et vision à long terme ».

FINANCE: FEMMES HAUTES PERFORMANCES HOMMES

L’accès à la profession reste difficile pour les femmes, même si la performance des portefeuilles d’actifs gérés par les femmes est souvent meilleure que celle des hommes.

Le filtre féminin est en effet une source de performance dans la gestion d’actifs ainsi que dans la gestion d’une entreprise, des petites start-up aux grandes sociétés cotées.

C’est du moins ce que révèlent de nombreuses études, comme Woman Matters par McKinsey de 2016 Gender gender in senior positions and firm performance by the IMF, publié en 2016, Why start-up appartenant à des femmes est un meilleur pari du Boston Consulting Group, publié en juin 2018, et Le facteur X: les femmes changent le monde par la Bank of America, également publié en 2018.

Sur la base de ces conclusions, la société de gestion d’actifs FOX Gestion d’Actifs a annoncé en novembre 2019, le lancement d’un fonds de consommation (OPCVM) «Valeurs Féminines Global», le seul fonds investi dans des sociétés cotées gérées exclusivement par une femme PDG.

LES FEMMES SONT PLUS RESPONSABLES

«L’aversion au risque des femmes transcende toutes les catégories, toutes les situations familiales et tous les types de comptes», selon l’étude sur les services financiers, What Women Want from Exton Consulting publiée en 2008, qui souligne que les femmes ont une vision différente des services financiers et des risques que les hommes .

Il en va de même pour Christine Lagarde, qui confiait dans une interview accordée à La Tribune il y a quelques mois: «avec plus de femmes aux postes de responsabilité dans la finance, une prise de risque excessive, qui a conduit à la crise financière la plus terrible de l’après-guerre aurait été évité ».

«Si Lehman avait été soeurs au lieu de frères, le monde pourrait être très différent aujourd’hui», explique Christine Lagarde dans une note du FMI intitulée «Leçons et défis dix ans après l’échec de Lehman Brothers». Et les faits sont là pour le prouver, la féminisation de la gestion d’une banque s’accompagne très souvent d’une diminution des risques financiers.

PARCE QUE LE GENRE NE DEVRAIT PAS ÊTRE PRIS EN COMPTE SUR LE MARCHÉ DES ACTIONS COMME IL EST AILLEUR.

“Quand quelqu’un m’appelle avec une idée d’investissement, je ne leur demande pas quel genre d’idée ils ont, car pour moi cela ne fait aucune différence”, a déclaré Warren Buffett en marge de l’assemblée générale annuelle de sa société Berkshire. Hathaway en mai 2019. Ce qui doit avant tout compter, c’est l’expertise et la compétence, pas une question de genre.

Comme Christine Lagarde aime le répéter, «la féminisation de la finance n’est pas une option, c’est une nécessité. Dernier argument, s’il fallait le prouver, la présence des femmes apporte également une diversité de points de vue, nécessairement bénéfique pour l’entreprise, qu’elle soit ou non dans le secteur de la bancassurance.